Partager l'article ! la sélection "roman ados" du mois par Sasha: Sasha Le Paih A la brocante du cœur Auteur Cormier Robert ...
Sasha Le Paih
A la brocante du cœur
Auteur Cormier Robert
éditeur. école des loisirs,
coll. Médium
Paru en janvier 2003
ISBN 2211065651
« Trent ne fait que son métier, mais il le fait bien. Il le fait mieux que personne. Son métier consiste à interroger des
suspects. Avec patience, intelligence, tact et malice, avec art. Jusqu’à ce qu'ils avouent leur crime. Face à lui, ils finissent toujours par avouer. Trent a quelque chose d'irrésistible. " Sa
touche magique ", disent les journaux. " tu es ce que tu fais ", disait sa femme, Lottie, avant de le quitter. Ce jour-là, le crime est particulièrement horrible et la récompense promise à Trent
particulièrement désirable. Quitter enfin son bled pourri du Vermont. Faire carrière. le petit-fils du sénateur Gibbons était en CE2 avec Alicia, la victime, sept ans. " La ville a besoin d'une
arrestation, les familles sont bouleversées. Écrivez vous-même l'addition. Je tiens toujours mes promesses ", dit le sénateur. La police a mis la main sur Jason, douze ans, qui a passé
l'après-midi à faire un puzzle avec Alicia. C’est un garçon original, maladroit, timide, violent à ses heures. Très observateur. Épris de justice. Un marginal, donc. Le seul problème, c'est qu'il
nie. Trent se met au travail. »
Ce petit roman est assez étonnant. Il est avant tout très psychologique et révèle ce que l’influence et l’insistance des adultes peuvent faire comme effet sur les enfants. Il montre que l’ambition et la peur des adultes peuvent détruire une vie, un esprit. Lors de l’interrogatoire de Jason nous, en tant que lecteur, voyons et savons que Trent est prêt à sacrifier ce petit garçon pour gravir les échelons et qu’importent les conséquences. Cet homme apparaît comme froid, calculateur et opportuniste. Au final, les déclarations de Jason n’ont aucun intérêt puisque Trent a besoin que ce soit lui le coupable. Et la fin nous fait refermer le livre avec un soupir de résignation.
Amour, vampire et loup-garou
Auteur Marie-Aude Murail
éditeur école des loisirs
coll. Médium
paru le 09/10/1998
ISBN 2-211-04838-2
« Le jeune Nicolas s'est-il vraiment noyé à Montalivet ?
Pourquoi le docteur Victor a-t-il confié qu'il avait fait un faux rapport d'autopsie ? Et qu'allait-il chercher au centre d'études des phénomènes paranormaux lorsqu'on l'a assassiné ?
D'où vient ce halètement dans le parking souterrain ?
Qui est vraiment Hugo Knocker, qui se prétend étudiant en psychiatrie et a de sérieuses difficultés d'élocution ? Pourquoi a-t-il toujours un problème avec les manches de son pull-over ? Et pourquoi redoute-t-il l'arrivée de la pleine lune ?
Et pourquoi Marianne ne se sent-elle plus tout à fait la même ? »
Amour, vampire et loup-garou n’a rien d’un Twilight, bien au contraire. Ici, c’est la fibre policière qui domine. Les personnages sont banals tout en ayant une sorte de folie douce. Marianne est très croyante et, malgré le scepticisme de son patron, est persuadée qu’il y a des faits paranormaux qui se produisent chaque jour. Sylvain est un journaliste connu, un homme à femme un brin macho qui trouve Marianne vraiment très jolie mais il est incapable d’avoir une relation amoureuse digne de ce nom. Hugo est un garçon étrange au visage repoussant et on ne sait pas qui il est vraiment. Et il y a ces meurtres étranges qui se produisent dans une région sans problèmes. Dans ce roman, l’amour est grinçant et les relations complexes. Les créatures extraordinaires n’ont apparemment rien d’amical. Si le début du roman peut paraître un peu brouillon, on se surprend à vouloir absolument en connaître le dénouement tant on s’attache à certains personnages.
Le Worldshaker
Auteur Harland Richard
éditeur Hélium
Paru le03/03/2010
ISBN 978-2-358-51026-4
“Le jeune Col Porpentine apprend qu’à sa majorité il sera appelé à succéder à son grand-père aux commandes du Worldshaker, un
gigantesque navire-monde à vapeur sur lequel il vit depuis toujours. Quelle fierté de se retrouver à la tête de cette société, où tout lui semble harmonie et respect des autres !
C’est alors que la jeune Riff fait irruption dans sa vie et le supplie de ne pas la livrer aux autorités. Elle s’est échappée des cales du vaisseau et fait partie de la classe des Immondes, contrainte d’alimenter en charbon, sans relâche, les insatiables machines du Worldshaker.
Surpris par la vitalité de la jeune fille, Col hésite. Pourquoi ne peut-il pas rester indifférent ? Et pourquoi Riff ressent-elle une telle peur ? »
dangers d’une société où tout aurait une place définie, où l’individu compte moins que le groupe. Une merveille qui change des romans fantastiques habituels pour ado !
Le mort du noyer
Auteur Mazard Claire
éditeur Seuil,
coll. Karactère(s)
Paru le 18/03/2010
ISBN 978-2-02-101102-9
« Stupeur aux Cimes bleues : le cadavre d'un homme est retrouvé un matin, gisant nu sous Dyonisos - le chêne tricentenaire, qui trône dans le jardin de cette maison de retraite un peu particulière, où les pensionnaires ne sont admis, que s'ils sont accompagnés de leur fidèle compagnon canin. Le commissaire Gilles Lafosse et son adjointe la lieutenante Fred sont dépêchés sur place et procèdent immédiatement à l'interrogatoire des pensionnaires, des employés, du directeur, des apprentis du Lycée voisin qui travaillent aux cuisines et dans le jardin... personne ne connaît ce mort. Et sans nom, difficile de trouver le mobile du crime ! Exaspéré par l'attitude de M. Thor, le directeur, qui couve tout autant ses pensionnaires que son noyer, Lafosse n'est pas au bout de ses surprises. Car trois retraités semblent vouloir mener leur propre enquête, et n'arrêtent pas de traîner dans ses pattes. Il faut dire qu'ils sont passionnés d'enquêtes criminelles, de romans policiers, et ont même affublé leurs toutous des noms de Simenon, Colombo et Hercule. Et lorsqu'un célèbre auteur de polars arrive lui aussi sur place, c'en est trop, l'enquête piétine. D'autant plus qu'un second meurtre est perpétré, et c'est le directeur de la maison de retraite qui est retrouvé sans vie cette fois... »
Ce policier fait passer un excellent moment. Claire Mazard frôle parfois le style d’Agatha Christie et met en scène un commissaire qui n’est pas sans rappeler le Adamsberg de Vargas par son côté sombre. L’affaire est un cas typique : un meurtre saugrenu qui voit bientôt un compère apparaître. Mais le ton du roman oscille entre légèreté et gravité donnant, par exemple, à certaines pensionnaires de la maison de retraite, un petit côté miss Marple.