Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 22:10
Les oubliés d'Annam
BD
Dessinateur Lax
Scénario Giroud
Editeur Aire Libre
Parution 2000

Quatrième de couverture
Enquête sur un soldat perdu
Septembre 1945. Le "Béarn" quitte le port de Marseille, direction Saigon. À son bord, un contingent français officiellement chargé de libérer l'Indochine des derniers bataillons japonais. Octobre 1986. Sous l'oeil des caméras de la télévision française, un 747 vomit sur le tarmac de l'aéroport de Roissy les cercueils des dernières dépouilles encore retenues par le gouvernement vietnamien. Macabre retour à la mère patrie. Des fils "retrouvent" leur père, des neveux leur oncle... Madame Joubert, elle, reste seule. Elle est sans nouvelles d'Henri, son fils, "porté disparu" depuis fin 1946. Nicolas Valone, journaliste en mal de reconnaissance, flaire là matière à un poignant documentaire. Mais lorsque les témoins susceptibles d'enrichir son reportage meurent les uns après les autres dans d'étranges circonstances, il comprend qu'il a mis le doigt dans un engrenage sanglant...

Mon avis

Peu férue de BD, j'ai été enchantée par "les oubliés d'Annam," qui aborde un thème peu connu de notre histoire,  les ralliés de la guerre d'Indochine, sujet tabou pendant très longtemps. Des soldats français, souvent d'anciens résistants de la seconde guerre mondiale, sont partis combattre au vietnam et ont très vite adopté la cause de l'ennemi. Pendant de nombreuses années, considérés comme des traitres, ils n'ont pas pu revenir sur le sol français.L'intrigue est bien menée et  les dessins sont magnifiques. D'habitude, je reste accrochée au texte sans rien voir des images mais avec "les oubliés d'Annam", pour la première fois, je me suis laissée transporter par la beauté du coup de crayon. Les personnages et les paysages sont superbes. Merci à LN pour ce bon moment de lecture....Nal


Loin des bras

Auteur: Metin Arditi
editeur Actes Sud
parution août 2009 (broché)


Quatrième de couverture

La faillite menace l’Institut Alderson, pensionnat suisse pour fils de familles aisées. Un repreneur se propose, qui entend soumettre l’établissement, et ses professeurs, à un audit décisif pour leur avenir. Dans ce huis-clos fait de solitudes collectives, chacun cache une blessure que les circonstances ne tardent pas à mettre à nu

Mon avis
On trouve dans ce livre, une galerie de personnages excentriques, touchants, qui entrent en scène à tour de rôle dans des chapitres très courts . A mesure que le roman avance, on voit apparaître les failles des uns et des autres. Ce pensionnat est un huis clos dans lequel on ne peut cacher longtemps ses blessures et ses faiblesses.
L'histoire est assez simple mais les personnages sont complexes et on se laisse très vite prendre par leurs "histoires" à eux...Le livre est en outre bien écrit.
A lire ou a offrir sans hésitation

Gwen

 


Une année étrangère


Brigitte Giraux
Editions Stock
Paru en Août 2009

Quatrième de couverture

Partie en Allemagne comme jeune fille au pair, Laura, à dix-sept ans, découvre tout d’abord qu’elle ne connaît pas si bien la langue de ce pays étranger. Puis c’est au tour de la famille qui l’accueille, un couple et deux enfants, de la troubler par leur simple mode de vie, leur comportement, leurs habitudes. Est-elle venue pour s’occuper des enfants, pour effectuer des tâches ménagères, pour parfaire cette langue ou tout simplement pour grandir enfin ? Elle est arrivée dans une famille banale qui paraît moins déchirée que la sienne, moins lourde de secrets et pourtant, peu à peu, Laura va affronter plusieurs mystères : mystère des origines, de la transmission. Elle aimerait tant déceler à travers ces personnages une vérité, un sens qui lui permettraient enfin de combler les vides et les silences de son adolescence interminable. Reconnaît-elle en s’attachant au seul garçon de la famille le petit frère qu’elle a perdu ? A-t-elle raison d’attendre avec autant de fièvre des nouvelles des siens restés en France ? Parce qu’elle retrouve chez le grand-père des enfants un exemplaire de Mein Kampf, elle est prête à tirer des conclusions hâtives et ne peut s’empêcher de lire ces pages frappées d’interdit qui la révulsent tout en la fascinant. La mère des enfants tombe malade. Le père semble se rapprocher de Laura chaque jour. Que recherche-t-il auprès d’elle ? Laura se demande quel est le prix à payer pour devenir une femme, affronter l’avenir, quitter cette maison pour rentrer dans la sienne.

Notre avis

Brigitte Giraud, excelle une fois de plus dans la description des petits riens de tous les jours. Pas d'intrigue complexe dans ses romans, juste une analyse fine des personnages, de la vie tout simplement. Elle décrit avec beaucoup de talent les joies et les peines de gens qui nous ressemblent. les mots sonnent juste et coulent avec légèreté. Au dire, de Pierre (le libraire), Brigitte Giraud s'adresserait plus aux femmes qu'aux hommes. En tout cas, ses récits nous touchent toujours beaucoup!

Hélène et Gwen

A lire aussi du même auteur: "l'amour est très surestimé" ( femmes quadras en couple depuis longtemps et en période de doute, s'abstenir!)


Démon

Thierry Hesse
Editions de l'Olivier
parution 08/2009

Quatrième de couverture
Grand reporter tout autant épris d’histoire et de politique internationale qu’obnubilé par les désastres naturels, Pierre a pour habitude de reconstituer l’histoire des disparus. Désireux de comprendre le destin de ses grands-parents paternels, des Juifs russes assassinés par les nazis, il décide de partir pour Grozny afin d’éprouver « la vie avec la peur […] avec la désolation et la mort

Mon avis
A chaque rentrée littéraire, son roman dense  sur la seconde guerre mondiale. Il y a eu "les bienveillantes," de Jonathan Littel, "les disparus" de Daniel Mendelhson. Cette année, il y a Démon. Thierry Hesse a réussi la prouesse de mener deux histoires de front sans maladresse. Il évoque le sort des russes dissidents pendant la guerre (et jusqu'à la mort de Staline )mais aussi un conflit plus récent, celui qui a eu lieu en Tchéchénie ces dernières années. Aucun parallèle facile, juste deux récits qui se chevauchent. Comme dans beaucoup de romans actuels, le poids du silence et des non dits sur l'existence y est abordé. Il semble vraiment que ce soit un thème récurrent. Pierre, journaliste français, est le fils d'u nimmigré russe (et peut être juif) qui n'a jamais réussi à parler de son passé. Comment se construire avec des racines coupées? Pierre a trouvé la solution de réaliser des reportages sur des catastrophes, faute de connaître celle qui a bouleversé l'existence de son père. Quand celui ci se décide à parler, quelques jours avant de mourir, il ouvre une brèche en donnant des grands parents virtuels à son fils qui n'aura alors de cesse que de courir après ce passé tû si longtemps.
Ce n'est pas un livre facile à lire. Les exécutions massives des juifs, les purges staliniennes, les génocides en Tchéchénie sont décrits en détail, avec une précision chirurgicale, sans égard pour le lecteur. Mais il vaut vraiment le détour. Pierre est un héros qu'on a vraiment envie de suivre dans sa quête aussi bien journalistique que personnelle. De surcroît, c'est un livre extrêmement bien documenté. A lire donc (prévoir quelques heures pour avaler ces 500 pages denses!)
Gwénaëlle Le Bras Jasmin

Personne

Auteur Gwenaëlle Aubry
Editeur: Mercure de France
parution 27 Août 2009

 

Quatrième de couverture
  Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j’ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d’autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d’adulte s’employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d’été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même.

 

Mon avis


Personne est un roman abécédaire, commençant à la lettre A comme Antonin Artaud et finissant à la lettre Z comme Zelig, dans lequel Gwenaëlle Aubry dresse le portrait de son père, brillant avocat qui souffrait de bipolarité. A sa mort, il a laissé à ses filles de nombreux carnets écrits tout au long de son existence ainsi qu'un manuscrit de 200 pages intitulé "le mouton noir mélancolique" évoquant sa maladie et sur lequel figurait l'annotation " a romancer". C'est à cette tâche que l'auteur s'est attelée.
Entremêlant ses réflexions à celles de son père, elle lui rend un merveilleux hommage. Elle restitue sa place  à  celui qui lui avait dit un jour: "un homme tu sais n'a pas peur d'avoir des enfants il a peur de perdre ses enfants".
Ceux qui ont un jour cotoyé un proche souffrant de troubles psychiatriques seront éblouis par l'analyse mûremet réfléchie de Gwénaëlle Aubry: comment  passe-t'on  de la honte et du déni, à l'acceptation, comment il est difficile pour la famille de vivre normalement avec un proche en marge.
Elle a su aborder avec beaucoup de pudeur un sujet encore tellement tabou. C'est un livre qui remet les idées en place mais c'est surtout un merveilleux hommage à son père "différent" mais qui  n'en est pas moins respectable pour autant. Une vraie leçon de vie qui se résume très bien par la citation de Saint Augustin figurant au début du livre:
"On doit porter le deuil pendant sept jours pour un mort, pendant tous les jours de sa vie pour un fou."

 

Gwénaëlle Le Bras Jasmin

 


Dernière adresse

 

Roman

Auteur Hélène le Chatelier

Ed Arléa

Parution 08/2009

 

Quatrième de couverture

Cette vieille dame irlandaise qui a tant aimé la vie n’a plus l’âge – ni l’envie – d’être raisonnable. Comment l’être quand on doit quitter sa maison pour toujours en laissant tout derrière soi ?

Mais il lui faut franchir le pas sous les yeux vigilants et inquiets de sa famille. Elle s’éloigne alors vers sa dernière adresse. Commence alors un douloureux face-à-face avec la solitude et les souvenirs, avec la dépendance physique, toujours mue par cet élan de vie qu’elle ne se résigne pas à abandonner.

Se regardant vieillir avec lucidité et ironie, elle revoit et revit les zones troubles de son enfance pour aboutir, peut-être, à un détachement plus serein.

 

Notre avis

 

Un livre d'une grande sensiblité sur la vieillesse. Extrêmement touchant. Difficile d'imaginer qu'il a été ecrit par une trentenaire si loin encore d'un âge canonique...

Hélène et Gwen


Le ciel de Bay City

Roman

Auteur Catherine Mavrikakis

Ed Sabine Wespieser

Parution 08/2009

 

quatrième de couverture

 

Dans cette ville du Michigan où elle est née, entre supermarché, autoroute et lycée, tout destine Amy à l’adolescence sans histoire d’une jeune Américaine type. Tel est bien le souhait de sa mère, juive polonaise venue sur ce continent tout neuf pour tenter d’échapper au passé familial. Mais dans la maison de tôle de Veronica Lane, les fantômes ne se laissent pas oublier. Les nuits d’Amy sont hantées par d’horribles cauchemars, où ressurgissent étrangement les suppliciés de la Deuxième Guerre mondiale, comme aussi le visage de sa sœur aînée morte à la naissance. Ses jours eux sont habités par de sourdes obsessions, qui peu à peu se matérialisent dans une course contre la montre pour échapper à la malédiction familiale, dont le ciel toxique de Bay City se fait l’écho. Le roman détaille les jours cruciaux de 1979, pendant lesquels le destin de la narratrice va basculer : le 4 Juillet, fête de l’Indépendance et jour de ses dix-huit ans, la maison de tôle prend feu. La famille entière part en fumée, dans un saisissant retour de l’histoire, laissant Amy face à son présent. Tout l’enjeu de ce livre puissant et inspiré est bien dans la volonté désespérée de son héroïne d’en finir avec le passé. Devenue pilote de ligne pour échapper enfin à la poussière et à la cendre, elle n’aura de cesse d’interroger le ciel serein et indifférent… Grand roman américain en ce qu’il ne cesse de croire possible l’avenir de ses personnages, Le Ciel de Bay City interroge avec une effrayante justesse la capacité d’un peuple à échapper à son histoire. 

 

Mon avis

 

Encore un livre sur le poids du passé et les secrets de famille. Amy, l'héroïne, étouffe dans cette famille abimée par les tragédies qu'elle a subies. On sait dès le départ qu'elle va être mêlée de près ou de loin à la disparition en fumée de tous les siens. Une manière de montrer qu' on n'échappe pas à son destin.

C'est un livre très bien écrit, mais oppressant car terriblement pessimiste. On attend la lueur d'espoir, en vain...

Malgré tout, je pense qu'il vaut vraiment le détour. Les silences, la fatalité des destins semblent être un thème récurrent dans de nombreux livres (voir les bains de Kiraly, sur le vif etc...)

Gwen

 






J'ai adoré



Le sourire du chat

François Maspero

Roman autobiographique
Editeur Points (1998)


Ce livre, écrit en 1984, est un bijou.
Le chat, c'est le diminutif qu'Antoine Maspero a donné a son petit frère François.
Le chat a 13 ans 1/2 en 1944. Ses parents l'ont mis à l'abri dans la maison de famille en vallée de Chevreuse tandis qu'eux continuent à occuper leur appartement à Paris. Antoine s'engage dans la résistance armée. Après quelques visites en cachette à son petit frère, il disparaît. Les parents sont arrêtés, emprisonnés et déportés. Le chat se retrouve donc seul. Il est recueilli par une de ses tantes, conservatrice, qui attend la fin de la guerre avec sa famille dans un appartement parisien. Ces gens là, petits bourgeois, sont incapables de comprendre la détresse de leur neveux. Le chat malheureux déserte régulièrement cet univers étouffant et sillonne Paris. Il rencontre des résistants, des filles en vadrouille, des soldats, qui le protègent et lui permettent de survivre moralement. Un jour, le chat décide de partir à la recherche de son frère. Il sait juste qu'il s'est engagé dans l'Est de la France auprès des américains. C'est un livre poignant. François Maspero a su décrire la guerre et ses angoisses avec ses anciens yeux d'enfant. Il décrit la vie à la campagne (en vallée de chevreuse), l'occupation allemande, l'angoisse de l'attente, ses joies malgré tout. Pas de pathétisme dans ce livre. Juste de l'émotion, beaucoup d'émotion...
G. J.




  Dalva


Jim Harrison

Collection poche 10/18 littérature étrangère (parution 1991)
Quatrième de couverture
« Dalva, c'est le grand roman de l'Amérique éternelle, l'Amérique de la prairie et des forêts, écrit avec verve, passion, ironie. Le portrait de Dalva, femme mitraillée par l'histoire, perdue au cœur d'un pays dont elle ne sait plus les frontières, est sensible et pénétrant. Harrison renoue ici avec une veine poétique et presque lyrique pour se replonger dans les racines d'une terre dont toute l'histoire n'a pas encore été dite. »
Pour ceux qui ont succombé au charme envoûtant de Dalva, vous la retrouverez dans le Tome 2 "La route du Retour".

La route du retour

Jim Harrison

Collection poche 10/18 littérature étrangère (parution 2000)
Quatrième de couverture

« Avec La Route du retour, Jim Harrison reprend les rênes de la saga familiale entamée avec Dalva. En l'éclairant de l'intérieur avec une subtilité admirable, dans la pénombre de la confidence. Le livre est composé des différents journaux intimes que Dalva et ses proches ont rédigés secrètement, chacun de son côté. Le grand-père, d'abord, John Wesley Northbridge, un doux vieillard un peu toqué qui, à la veille de sa mort, s'envolera à bord d'un petit biplan pétaradant, pour aller chasser l'absolu. La seconde partie du roman donne la parole à Nelse, le fils perdu. C'est un voyageur sans bagages, un éternel vagabond qui dort dans la cabine de son vieux pick-up aux portières décorées d'éclair. [...] À sa chère Dalva, cette fille du vent qu'il a tant aimée, Jim Harrison fait des adieux pathétiques. Reste la nostalgie. De sa lumière crépusculaire, elle éclaire ce roman où l'auteur des Légendes d'automne fredonne un sublime chant tellurique, une prière cosmique, pour exorciser sa hantise de la mort. Sa voix est inoubliable. »


La porte
(Prix Fémina étranger 2003)
Magda Szabo

Roman

Editions Viviane Hamy (broché et poche)
parution (08/2003) traduit du Hongrois

Quatrième de couverture

La Porte est une confession. La narratrice retrace sa relation avec Emerence qui fut sa femme de ménage pendant une vingtaine d’années. L’une est vieille, l’autre jeune, l’une sait à peine lire, l’autre ne « respire » que par les mots, l’une arbore l’humilité comme un blason, l’autre l’orgueil de l’intellectuelle sur-cultivée. Et pourtant la vieille servante va tout apprendre à l’écrivain adulée, car elle est la générosité incarnée ; dès qu’il s’agit de sauver une vie, celle d’un Juif, d’un Allemand, d’un voleur ou d’un chaton abandonné, Emerence ne réfléchit pas une seconde. La narratrice fait le portrait haut en couleur de ce personnage lumineux au caractère difficile et singulier, qui agit en véritable despote sur son entourage, qui consent à tout.

Un livre génial, comme tous les autres livres de Magda Szabo


Le monde à venir


Dara Horn

Roman
Editions Denoël et d'ailleurs (mai 2007)
traduit de l'anglais par Michèle Levy Bram

Quatrième de couverture

Benjamin Ziskind est un raté surdoué : d'une intelligence exceptionnelle, il en est réduit à rédiger des questions alambiquées pour un jeu télévisé de seconde zone. Sa femme l'a quitté, il ne se remet pas de la mort de ses parents et le succès de sa sœur jumelle, Sara, jeune femme libre et épanouie, achève de le déprimer. Quand il se retrouve entraîné de force à un cocktail de rencontres pour célibataires organisé dans un musée de New York, il pense avoir touché le fond.
Or la soirée ne se déroule pas comme prévu... Pendant que ses partenaires potentielles éclusent leur champagne en gloussant, Ben tombe en arrêt devant une toile de Chagall. Ce petit tableau, il le reconnaît : il trônait, autrefois, dans l'appartement familial. Que fait-il là? Sur un coup de tête, Ben le glisse sous sa veste et s'enfuit.
Débute alors une incroyable odyssée à rebours pour retracer l'histoire de ce tableau qui est aussi celle de la famille Ziskind, commencée il y a longtemps, dans la Russie révolutionnaire, à l'orphelinat où Chagall enseignait le dessin à des gamins, et terminée, quelques dizaines d'années plus tard, dans le New Jersey...

 

 

 



J'ai beaucoup aimé

Des papillons sous la pluie
Mira Maguen

Roman traduit de l'Hébreu par Laurence Sendrowicz (Mercure de France)


Adam Ouria, médecin israëlien de 35 ans reçoit un message sur son répondeur : "Allo, c'est Eva, ta mère". Elle sera là dans trois jours. Il guette cet appel depuis qu'elle l'a laissé chez sa grand mère "Mama Ruth" 25 ans auparavant. Toute sa vie a été bouleversée par cet abandon et le livre relate  les trois jours d'attente d'Adam avant l'arrivée de cette mère étrange, volage, fantasque. Nous allons découvrir une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres qui gravitent autour d'Adam. Il y a sa petite amie, Eliana, qui ne supporte plus ses incertitudes et sa peur de s'engager, Mama Ruth, la mère de sa mère, qui l'a élevée et qui vit en maison de retraite depuis son accident vasculaire, Dafy, sa cousine chérie avec qui il partage tout. On rencontrera également un jeune adolescent atteint d'une tumeur au cerveau, patient d'Ouri.
Les sentiments des uns et des autres sont analysés avec une grande finesse, dans un style magnifique, presque poétique. Une belle surprise. Mira Maguen a écrit quatre romans, c'est le premier traduit en Français. Espérons que les autres le seront également rapidement!

Gwénaëlle Jasmin

J'ai aimé

Une semaine en Octobre

 Elisabeth Subercaseaux

 
Flammarion (31/08/2008)

Roman traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet.

 

Quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer à un stade avancé, Clara se met à écrire un journal dans lequel elle mélange faits réels et fiction. Mais comment démêler le vrai du faux s’interroge Clemente, son mari, qui découvre le carnet et le lit en cachette ?

Clara décrit minutieusement l’adultère de son conjoint, qui pensait avoir fait preuve de la plus grande discrétion durant ces sept années de double vie. Elle le met en scène dans des épisodes qu’il reconnaît mais aussi dans d’autres qui sont purement inventés. Elle raconte également une liaison qu’elle aurait eue avec un homme que son mari lui a présenté alors qu’elle était déjà malade. Clemente réalise alors qu’il connaît bien mal la femme qui partage sa vie depuis vingt ans mais il  n’ose pas l’interroger puisqu’il n’est pas censé lire ce journal et que, de surcroît la maladie progresse.

Ce récit est captivant car comme Clemente, le lecteur navigue en eaux troubles sur les pages du carnet de Clara sans jamais savoir ce qui est réalité ou fantasme. Vengeance ou nécessité de mise au point avant de mourir ? Nous hésitons sans cesse entre ces deux possibilités.

C’est également une belle réflexion sur les silences trop pesants dans un couple,  qui résonnent parfois plus fort que des aveux.

G. J.

L'ultime question

Juli Zeh

Actes Sud

Roman (broché). Paru en 09/2008

 

Oscar et Sebastian , tous deux physiciens, se sont connus sur les bancs de l’Université. Dès le premier instant, ils deviennent des amis inséparables et partagent la passion des équations et des problèmes compliqués.

Mais alors que Sebastian fonde une famille , Oskar reste seul et prend l’habitude de venir dîner tous les vendredis soir chez son ami.

Le décès d’un anesthésiste corrélé à la disparition du petit garçon de Sebastian va entraîner un affrontement cruel entre les deux physiciens sur fond de science fiction quantique, de multivers.

Alors que les néophytes en physique quantique n’auront aucun mal à se mettre dans le bain et prendront même certainement plaisir à imaginer notre monde autrement,  les scientifiques risquent  d’être  gênés par certains concepts simplistes. Mais peu importe ! Il s’agit d’un roman et non pas d’un ouvrage de physique…

C’est un livre agréable à lire, bien écrit  et on se laisse prendre  par l’intrigue étrange même s’il n’est pas toujours facile de suivre les méandres du récit. Dommage que la fin nous laisse sur notre faim. Je n’en dirai pas plus !




Du même auteur


 

La fille sans qualité

Editeur Babel,

roman traduit de l'Allemand.

Prix Cévennes du Roman Européen 2008

 

 

Quatrième de couverture

 

Au début des années 2000, dans un lycée allemand de la dernière chance, le jeu pervers de deux élèves s’est terminé dans un bain de sang. L’avocate à laquelle on confie l’affaire est bouleversée, tant elle a du mal à juger cet acte. Elle entreprend alors d’écrire l’histoire des trois protagonistes, leur rencontre, les prémices du jeu, son déroulement jusqu’à l’irruption de la violence.
Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans) sont nés pendant la guerre du Golfe ; ils étaient enfants pendant la guerre des Balkans et au moment du 11 Septembre. Les images du conflit en Irak ainsi que celles de l’attaque terroriste de Madrid ont accompagné leur adolescence. Cantonnés dans leur monde de confort, les parents ignorent tout de ce qui se passe dans l’esprit de leurs enfants – qui s’avère le terrain d’exploration de la romancière. Leur attirance pour les jeux de rôle, les drogues, une musique apocalyptique et des comportements maléfiques, d’où vient-elle ?
Ada, enfant autoproclamée du nihilisme, se désigne elle-même comme un “prototype” incarnant l’air du temps, une “fille sans qualités”, sans identité, et qui ne cherche qu’à se comporter avec la plus grande efficacité possible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bof Bof....

Aloe Ferox

 Hélène Serafia Haasse

 

 

Recueil de nouvelles traduit du Néerlandais

quatrième de couverture

Dans les années 1930, un couple de Japonais s’installe à Batavia et occupe une modeste maison dont il partage le jardin avec deux autochtones, Eurasiennes désoeuvrées et cancanières. Dans ce jardin, une plante immense aux bras tendus vers le ciel semble déplaire à la jeune femme : raide et agressive, cet aloès lui fait regretter l’élégance des pivoines odorantes de son pays natal.
Derrière la haie, les voisines épient Mme Yamada à longueur de journée, interprètent les mystères de son comportement. Mais lorsqu’elle sera en danger tout près de l’aloès, les deux commères assisteront sans comprendre à un drame qui les dépasse...

Notre avis

Aloe ferox : plante arborescente utilisée comme plante d’ornement à Java. Le suc des feuilles est utilisé pour les soins de la chevelure

 

 (Titre de la première nouvelle du recueil)

 Dans ce livre, l’auteur a rassemblé des nouvelles qu’elle a écrites entre 1948 et 2006. Elles ont pour fil conducteur les thèmes de la mémoire, du passé et du secret. Les histoires se situent entre l’Europe et l’Indonésie où l’auteur est née en et a passé son enfance.

Hélas ces nouvelles sont toutes assez décevantes. Les plus anciennes ont des intrigues assez intéressantes mais sont écrites dans un style très confus. Les autres ont gagné en qualité littéraire mais les thèmes abordés sont sans grand intérêt.

Gwénaëlle Jasmin


 

Bibliographie :

 

  • Les Initiés (De ingewijden, 1957), roman paru en français en 2003
  • La Récalcitrante (Mevrouw Bentinck, of Onverenigbaarheid van karakter, 1978), roman paru en français en 2003, prix du Meilleur livre étranger (essai)
  • Des nouvelles de la maison bleue (Berichten van het Blauwe Huis, 1986), paru en français en 2000
  • Viser les cygnes (Zwanen schieten, 1997), récit paru en français en 2002
  • Un long week-end dans les Ardennes (Fenrir. Een lang weekend in de Ardennen, 2000), roman paru en français en 2001
  • L'Anneau de la clé (Sleuteloog, 2002), roman paru en français en 2004

La reconstruction

 

Eugène Green

 

 Actes Sud (08/2008)

Roman

 

Jérome Lafargue, Professeur de Littérature à la Sorbonne, mène une petite vie bien tranquille avec sa femme quand il reçoit un coup fil d’un homme allemand qui lui sollicite un rendez vous. Curieux, Lafargue accepte. Cette rencontre va le ramener plusieurs années en arrière, à l’époque d’un bref séjour qu’il avait effectué à Munich,  et l’obliger à rembobiner le film de sa propre vie pour tenter de trouver des réponses à la requête de l’inconnu.

L’idée initiale du roman est originale mais la mayonnaise ne prend pas. Les dialogues sonnent faux car ils sont écrits comme dans un scénario de film, sans liants.  Il y a également beaucoup de situations stéréotypées.

Un roman qui se laisse lire mais qui est donc loin d’être inoubliable.

G. J.

 


Pas du tout aimé....

Val de Grâce

Colombe Schneck

Roman autobiographique paru chez Stock

 

Le Val de Grâce, c’est ainsi que Colombe Schneck appelle l’appartement familial situé en plein Paris à deux pas du Luxembourg, dans lequel elle a passé toute sa jeunesse et qu’il a fallu vendre à la mort de sa mère en 2001.

C’est de la maladie du deuil et de la séparation avec le Val de Grâce dont l’auteur tente de nous parler. Hélas,  tout est prétexte à raconter les relations de sa famille avec des personnalités, les voisins célèbres, l’abondance des biens, les déjeuners à la closerie des Lilas.

Souvent, Colombe Schneck  fait semblant de s’offusquer d’avoir vécu comme une nantie, habillée jusqu’à douze ans par une domestique à leur entière disposition, mais au fond on la sent assez fière de ce statut de petite reine. Elle veut nous prouver qu’elle a été aimée plus qu’il n’en fallait. Le résultat est affligeant. On ressent une fausse modestie permanente dans ces pages et la petite fille gâtée devenue femme est exaspérante et narcissique. Elle donne l’impression d’avoir le monopole de l’enfance perdue. Même quand elle décrit la maladie de sa mère, elle ne sait pas s’effacer, on ne voit qu’elle.

Un livre thérapie qui aurait pu être touchant mais qui est maladroit et qui n’a d’intérêt que pour l’auteur elle-même.

G. J.

Bibliographie

 La fille sans qualité  paru chez Babel, roman traduit de l'Allemand. Prix Cévennes du Roman Européen 2008





Par La librairie Liragif - Publié dans : Nouveautés Romans
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