Quelques mots sur l'auteur
(biographie extraite du site Viviane Hamy, éditeur de Magda Szabo)
Magda Szabó est née à Debrecen en 1917, dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie. Elle est décédée le 20 Novembre 2007 en
lisant...
Considérée comme un véritable classique vivant de la littérature hongroise, certains la nomment « le Mauriac protestant », car elle peint
souvent les passions refoulées des habitants de la Grande Plaine peuplée majoritairement par des parpaillots.
Ses premiers livres paraissent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et elle est saluée comme un des grands espoirs de la
littérature. Après 1948, pour des raisons politiques, elle disparaît de la scène littéraire. Pendant une longue période, elle vit de travaux de traduction et d’enseignement.
C’est à la fin des années cinquante qu’elle rencontre un immense succès. En 1959, elle reçoit le prix Attila Jozsef et, en 1978, le
prix Lajos Kossuth. Sa notoriété ne fait que grandir.
En 1987, son roman La Porte connaît un succès international. Ce chef-d’œuvre n’est pas immédiatement traduit en France, alors
qu’il l’est en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. En 1992, elle obtient le prix Betz Corporation aux États-Unis.
Le mot de la librairie
Magda Szabo fait partie de ces auteurs incontournables. Son premier livre, La porte, publié tardivement en
France (en 2003), fut une révélation. Michel Sakarovitch, ancien libraire de Lirabur et de Liragif , l'avait mis en devanture de sa librairie et n'avait de cesse de le recommander. Les
romans qui furent traduits par la suite (La balade dIza, rue Katalin, Le puits etc...) n'ont fait que nous conforter dans l'idée que Magda Szabo est une immense figure de la littérature.
L'écriture est dense et sobre , les thèmes abordés sont extrêmement variés et d'une profondeur incroyable.. Féministe mais surtout humaniste, elle n'est jamais dogmatique. Elle analyse les
rapports humains avec une grande sensiblité et surtout beaucoup d'intelligence. Ses livres sont des entités sûres qu'on peut offrir ou s'offrir les yeux fermés sans craindre de commettre un
impair..
Ses livres
La porte
Prix Femina Etranger 2003
Paru le 27/08/2003
Emerence est une vieille femme qui travailla pendant plus de vingt ans chez la narratrice. Ce livre raconte les liens qui se sont tissés entre elles. Emerence connaît quasiment tout de la vie de
celle qui l'emploie mais garde la sienne totalement secrète. La narratrice n'est même jamais rentrée dans la demeure d'Emerence.
L'une est anaphalbète, l'autre passe ses journées à lire et à écrire. Pourtant c'est Emerence qui à force d'humilité donnera une vraie leçon de vie à celle qui l'emploie. Son caractère est
bien trempé mais son attitude quasi christique. Toujours présente, à l'écoute des sentiments des autres, elle est la générosité même.Une confession magnifique à deux voix, l'une de la vraie vie
et de l'expérience, l'autre sortie tout droit des livres.
Un livre éblouissant.
Un de mes livres préférés (même si j'ai du mal à effectuer un classement avec les romans de Magda Szabo):
La balade d'Iza
A la mort de son père adoré, Iza la
fille unique, décide, sans même lui demander son avis, que sa mère quittera sa maison à la campagne pour s'installer chez elle à Budapest. Outre la douleur du décès de son mari, la vieille
dame doit faire le deuil de son ancienne existence. En croyant faire le bien, Iza tue sa mère à petit feu. Un livre magnifique sur les rapports mère fille, sur la définition de la générosité. Ne
vous est-il jamais arrivé d'offrir à quelqu'un un cadeau qui vous plaisait sans vraiment vous demander s'il fera plaisir? Iza n'écoute pas sa mère; de manière égoïste, elle décide pour elle de ce
qui doit la rendre heureuse et elle se trompe. Un livre qui interpelle et qui saisit les tripes. On ne peut s'empêcher d'y penser longtemps après l'avoir fini...
Rue Katalin
Quatrième de couverture
Il était une fois, avant la guerre, la rue Katalin et trois maisons voisines aux jardins
mitoyens : ceux des Biro, des Held
et des Elekes. Henriette Held, Iren et Blanka Elekes étaient toutes amoureuses de Balint Biro, même s’il n’était un secret
pour personne que Balint épouserait Iren. La guerre va dissiper leur amitié et briser leur jeunesse. Les Held sont déportés et Henriette, qui vit clandestinement chez ses amis, est abattue dans
des circonstances absurdes et tragiques le jour des fiançailles d’Iren et de Balint. La rue Katalin est réquisitionnée par l’état-major. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Écrit dans une prose incisive, "Rue Katalin" fait se côtoyer le passé et le présent, les vivants et les morts, et témoigne de l’attachement profond de l’écrivaine à revenir sur les événements
politiques de la Hongrie, à commencer par l’insurrection de 1956. Un roman d’une richesse inépuisable qui dénonce, avec un réalisme sans précédent, les dessous peu glorieux d’une société
pourrissante.
L'instant
Auteur Magda Szabo 
Editeur Viviane Hamy
Parution Fevrier 2009
ISBN 287858290X
Quatrième de couverture
Cet ouvrage est la "réécriture" de L’Énéide — récit des épreuves d’Énée, depuis la prise de Troie, jusqu’à son installation dans le Latium. Fils de la déesse Vénus et d’Anchise, il est le
Père fondateur de Rome.
Mon avis
L'instant (ou la Créüside) est certainement le plus littéraire et le plus ardu de ses livres traduits en Français. Les adeptes de la mythologie grecque se régaleront avec ce récit original. Magda
Szabo réécrit l'Eneïde à sa manière, en redonnant vie à Créüse, femme d'Enée, qui meurt tragiquement à Troie dans le récit traditionnel. Ici Créüse vivra, et prendra son destin en main, tant pis
pour Enée qui ne vivra pas une grande passion pour Didon!
Cette réécriture est absolument vertigineuse. Magda Szabo connaît l'Eneîde sur le bout des doigts, se régale et nous régale avec cette variation qui réhabilite les femmes dans la mythologie.
C'est un texte exceptionnel (mais ardu).
Magda Szabo considérait cet ouvrage comme le projet d'une vie portée pendant plus de soixante ans.
Gwen
Le Faon
Magda Szabo
Roman
Editions Viviane Hamy
Quatrième de couverture
Eszter est une comédienne célèbre.Pourtant, les frustrations de son enfance — entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie — renaissent et
s’exacerbent quand elle découvre qu’Angela, l’ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l’épouse de l’homme qu’elle aime, et qui l’aime.
Le Faon dit la jalousie, plus, la haine, vécue comme un maléfice, à l’égard d’un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n’a pas
connu, n’a pas été. Son monologue est celui d’une femme qui se donne, se confesse, et qui expie.
Le 3 octobre 2007, Magda Szabó fêtait ses 90 ans. Elle est morte quelques semaines plus tard, le 19 novembre 2007, un livre à la main. Après La Porte, Prix
Femina étranger 2003, La Ballade d’Iza et Rue Katalin qui a obtenu Le Prix Cévennes du meilleur Roman européen en juillet 2007, les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur
travail de découverte de l’« univers romanesque féroce, doux et entêtant » de celle qui fut la grande dame des lettres hongroises.
Derniers Commentaires